Faire face
Du 10 au 27 septembre
Photographies de Ulric Collette.
Dans cette série, les personnes photographiées ont été invitées à réaliser leur propre maquillage de guerre. Ce terme est entendu dans un sens symbolique et non historique. Il ne s’agit ni d’une référence culturelle ni d’un déguisement, mais d’un rituel personnel et instinctif, agissant comme un seuil entre le quotidien et le moment du portrait. Ce geste transforme la posture, le regard et la présence du sujet face à la caméra.
Le maquillage ne représente pas la violence, mais la préparation. Il évoque ce moment d’avant, lorsque l’on se tient droit, que l’on se rassemble intérieurement et que l’on accepte d’être vu. Ce rituel permet au sujet d’entrer consciemment dans l’acte photographique, en affirmant une présence plutôt qu’une image à produire.
Le recours au collodion humide entre en résonance directe avec cette démarche. Ce procédé ancien impose lenteur, engagement physique et vulnérabilité. Le temps long de la prise de vue et la part d’imprévisibilité du processus laissent apparaître les marques du corps, de la matière et de l’état émotionnel du sujet. Le portrait devient alors la trace d’un moment vécu, fragile et incarné.