La rue, la vie
Du 30 juillet au 16 août
Photographies de Michel Dion
CJe pratique la photographie depuis plus de cinquante ans. D’abord comme loisir, cette activité s’est transformée au fil des années et accapare désormais une part croissante de mon temps. Depuis plus d’une dizaine d’années, c’est la photographie de rue qui mobilise pratiquement toute mon attention. Cette discipline est, selon moi, l’une des plus exigeantes, mais aussi l’une des plus gratifiantes lorsque les images sont réussies. Pour y parvenir, le photographe doit accepter de se rendre visible, de s’exposer au regard des passants et à des réactions parfois imprévisibles. Tous ne sont pas à l’aise avec cette approche ; la diplomatie et l’humour deviennent alors des alliés précieux.
La photographie de rue implique souvent un contact direct avec les personnes dont je souhaite capter l’image dans un moment privilégié. L’approche traditionnelle privilégie la discrétion, voire l’invisibilité du photographe. Ce n’est pas ma manière de travailler. La plupart des personnes que je photographie me voient clairement et savent que je m’apprête à les photographier, quand ce n’est pas déjà fait. S’ensuit une discussion impromptue qui se conclut toujours par un accord sur l’utilisation de l’image à des fins artistiques. Je ne fais jamais commerce de mes photos.
Sans prétendre atteindre le même niveau, ma démarche s’inscrit dans la tradition des photographes humanistes français tels que Robert Doisneau, Willy Ronis ou, plus récemment, David Turnley (américain d’origine, mais français d’adoption).