Au fil du temps
Du 28 mai au 14 juin
Photographies de Daniel Miller.
J’ai pris mes premières images en 1974 et je me rappelle bien ce sans abri, que les gens croyaient parfois être un fonctionnaire ou un homme d'affaires quand ils regardaient le portrait de rue que j’avais fait de lui. Un premier portrait réalisé au téléobjectif tellement j’étais intimidé à l’idée qu’il me voit faire et pourtant… Il m’a vu…
Nous avons parlé un instant et je me souviens que cette rencontre ait fait ma journée. Au fil des décennies, j’ai photographié dans diverses conditions et dans bien des villes sur notre planète. Les photographies ainsi réalisées portent parfois en elles le poids des années, la marque de la technologie d’une époque, les stigmates du temps et de la chaleur excessive.
Conscient que ces images témoignent également de l’avant et de l’après déclenchement et de leur inter-influence, au cours des dernières années, mon approche évolue graduellement vers des poses plus longues. Des superpositions d’images naissent et mettent en relation des éléments pouvant paraître totalement indépendants les uns des autres. Temporalité en est un exemple concret. Ces images ainsi créées, dès la prise de vue sur un même plan film, représentent une nouvelle réalité qui m’est propre, une émotion engendrée par la réflexion tenant sa source dans notre rapport à l’environnement et aux souvenirs.
Le territoire que nous habitons s’impose également de plus en plus avec les différentes traces de notre présence, actuelle et passée. L’exploration de celui-ci, qu’il soit urbain ou autre, est pour moi aujourd’hui un intérêt de premier rang. Après avoir tant photographié l’humain comme sujet principal, c’est là que se pose nos pieds que se tourne de plus en plus mon regard.
Le projet d’exposition ici présenté est composé d’une sélection de 24 photographies monochrome choisis tiré des images réalisées au sein de l’espace public, des rencontres et de la série Temporalité.